REGIONAL

Projet Opération Acacia (POA)

MM_NGARA

Programme de NGARA - Ouganda

ACACIAGOMME

NATIONALE

Projet d'Alimentation pour les Actifs (Kenya)
Renforcement des capacités de ENNDA (Kenya)

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Pays

SENEGAL

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CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL DU SENEGAL

Situation écologique
Situé à l’extrême ouest du continent africain, entre les latitudes 12° et 16°30 nord et les longitudes 11°30 et 17°30 ouest, le Sénégal couvre une superficie de 196 722 km2. c’est un pays constitué essentiellement de plaines et de plateaux (altitude inférieure à 50 m sur les ¾ du territoire). La variété de ses conditions pédoclimatiques et la diversité de son substratum géologique font que le Sénégal recèle plusieurs types de sols peu fertiles, souvent fragiles et sensibles à l’érosion éolienne et hydrique.

Sur le plan climatique le Sénégal, en plus des différences notées entre la zone côtière et les régions de l’intérieur en raison de sa façade maritime de 700 km, est placé sous les effets de l’alizé maritime, de l’harmattan et de la mousson. Ces masses d’air vont déterminer deux saisons différenciées (la saison sèche et la saison des pluies).

Sur le plan écogéographique, des critères qui prennent en compte un ensemble de facteurs biophysiques et socioéconomiques ont permis de regrouper des espaces plus ou moins homogènes dans une perspective d’aménagement intégré. C’est ainsi que le pays est subdivisé en 6 zones : (i) la vallée du fleuve Sénégal ; (ii) les Niayes ; (iii) la bassin arachidier ; (iv) la zone sylvopastorale ; (v) le centre et le sud est, et (vi) la Casamance. Ce découpage est aussi éclaté en sous zones écogéographiques (voir carte en annexe 6).

Situation socioéconomique
Les performances économiques et financières enregistrées ces dernières années restent encore insuffisantes pour réduire de façon significative la pauvreté en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamment la réduction de l’incidence de la pauvreté de moitié à l’horizon 2015. en effet, avec le rythme actuel de progression de l’économie, il faudra 30 ans environ pour doubler le PIB par tête qui demeure l’un des ^plus faibles au monde (635 $ US en 2003).
Cette pauvreté est plus localisée dans les zones rurales et varie entre 72 et 88% de la population. Et c’est dans ces zones que le phénomène de dégradation ces terres a pris une grande ampleur.

La pauvreté, une réalité essentiellement rurale
La dégradation des terres est à l’origine de la baisse des revenus des populations rurales. En effet, l’effet combiné des symptômes de dégradation des terres (sécheresse, salinisation, acidification, érosion, baisse des rendements, ;;;) a contribué à installer une situation de pénurie alimentaire et de disette dans les campagnes. Devant de telles difficultés sans cesse croissantes, les populations rurales ont développé des stratégies de survie qui, pour la plupart, se traduisent par d’intenses pressions sur les ressources naturelles (défrichement de terres impropres à la culture ou peu fertiles sans apport de fertilisants, surpâturage avec ses effets négatifs sur les ressources naturelles). De plus l’accélération de l’épuisement des sols et la disparition du couvert végétal (principale source d’alimentation du bétail) réduisent encore davantage les rendements, donc les revenus agricoles et rompent l’équilibre écologique. C’est le cercle vicieux dégradation - pauvreté – dégradation.

Stratégie nationale
Les travaux préparatoires du Xème Plan d’Orientation pour le Développement Economique et Social (PODES) pour la période 2002-2007 ont servi de cadre de référence pour identifier 8 orientations stratégiques aptes à accélérer la croissance et réduire la pauvreté dans un contexte de bonne gouvernance et dont celles qui concernent la gestion des ressources naturelles et del’environnement sont :

  • poursuivre la gestion rationnelle des ressources naturelles et de l’environnement,

  • appuyer les efforts d’intensification et de diversification de la production pour sécuriser les revenus du monde rural.

Sur l ‘ensemble des stratégies, celle reposant sur la croissance et la réduction de la pauvreté s’impose désormais comme cadre de référence pour toutes les politiques et les interventions de l’Etat et de ses partenaires techniques et financiers.
 

Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP)
Dans le DSRP II, le secteur de l’environnement est considéré comme un axe important de la croissance à long terme. Ainsi, les objectifs prioritaires se déclinent comme suit : (i) la valorisation des ressources forestières (exploitation rationnelle te durable, diversification des combustibles, réduction des pertes à la consommation) ; (ii) sauvegarde de l’environnement et la lutte contre la désertification ; (iii) sauvegarde de la faune et de la flore ; (iv) sauvegarde de l’environnement marin et côtier ; (v) valorisation des ressources sauvages ; (vi) l’amélioration du cadre de vie urbain et rural ; (vii) le renforcement des capacités en gestion des ressources naturelles et de l’environnement (GRNE) ; (viii) l’accroissement de l’accès des populations pauvres aux énergies de substitution ; (ix) la gestion communautaire des aires protégées ; (x) l’optimisation des interventions de l’Etat, conformément au Code de l’Environnement.

Politique sectorielle et législation
L’Etat a confirmé sa volonté de considérer les questions environnementales comme prioritaires par l’élaboration de divers plans sectoriels et thématiques dont certains sont conçus spécifiquement pour les domaines de l’environnement et la lutte contre la pauvreté :

  • le Cadre de Dépenses sectorielles à moyen Terme (CDS-MT) ;

  • le Plan Nationale d’Action pour l’Environnement (PNAE) ;

  • le Programme d’Action National de Lutte contre la Désertification (PAN/LCD) ;

  • les stratégies de mise en œuvre des conventions sur la diversité biologique et des Changements climatiques ;

  • le Plan National de Gestion des déchets dangereux ;

  • le Plan d’Action Forestier du Sénégal (PAFS) ;

  • le Plan d’Action pour la Protection et la Conservation des Eaux.

Conclusions du rapport sur le programme de Recherche/Développement
Sur l’étude des propriétés physico-chimiques du sol et de la végétation


L’étude a permis de faire une situation de référence des deux parcelles de Thiékène Ndiaye sur les propriétés physico-chimiques des sols et sur la diversité de la végétation. Mais, en l´absence d´une situation de référence antérieure, nous ne pouvons vérifier de manière évidente s´il y a une évolution de ces paramètres suite au travail du sol avec le système Vallerani.

Cependant, lorsque nous comparons les résultats de la parcelle traitée à ceux de la parcelle témoin, nous constatons que :

  • la parcelle témoin a une texture plus fine et une fertilité légèrement plus élevée ; mais l´humidité est plus élevée dans la parcelle traitée.

  • la parcelle traitée a une communauté végétale plus diversifiée ; le nombre de plants régénérés naturellement ainsi que la densité y sont également plus élevés

  • la biomasse herbacée épigée de la parcelle traitée est significativement plus importante que celle de la parcelle témoin avec une différence de 625,5 kg MS ha-1 ;

La parcelle traitée se distingue donc nettement de la parcelle témoin de par sa diversité et sa production de biomasse végétale épigée plus élevée, alors qu´elle est moins fertile que cette dernière ; l´élément favorisant est bien l´eau qui est d´ailleurs le principal facteur limitant dans cette zone semi-aride.

Les tendances de cette étude montrent donc que le travail du sol avec le système Vallerani accroît la capacité de rétention en eau du sol grâce á une augmentation de sa macro porosité ; il facilite ainsi la circulation de l´eau et de l´air. Les ouvrages créés par la charrue Delphino permettent de collecter le maximum d´eau après une pluie permettant ainsi de limiter le ruissellement, cause première de l´érosion : ces conditions favorables ont contribué au bon développement de la végétation dans la parcelle traitée. Cette augmentation de la phytocénose présage une amélioration de la teneur en matière organique du sol dans les années à venir.

En attendant une autre étude, nous pouvons retenir que les tendances actuelles laissent apparaître des effets positifs du travail de sol avec le système Vallerani sur certaines propriétés physico-chimiques du sol et sur la végétation. Par ailleurs cette technologie contribue grandement à l´intensification des reboisements.

Les populations bénéficiaires et les services techniques d´appui conseil concernés apprécient bien la technologie. Bien que ses avantages soient éprouvés, la technologie reste peu connue des populations rurales et des services d´appui conseil. Son coût relativement élevé constituerait la principale limite quand á son adoption comme technique courante de gestion conservatoire de l´eau, de la biomasse et de la fertilité des sols.

Bien que les résultats obtenus soient importants, le travail de recherche a été, néanmoins, confronté à un certain nombre de limites objectives que sont :
L´absence d´un dispositif expérimental randomisé : les traitements n´ont pas été répétés ; ceci s´explique par le fait que cette recherche n´était pas prévue lors de l´aménagement de la parcelle ; ainsi donc le dispositif adopté se limite à une parcelle traitée et une autre servant de témoin ; de ce fait l´analyse s’est basée sur les tests d´égalité des moyennes.

Il n’y a pas de dispositif permanent d´évaluation et de suivi de la diversité biologique du site (placettes permanentes), encore moins de situation de référence initiale (avant les opérations de restaurations du site). 

Les ouvrages ne sont pas disposés suivant les courbes de niveau ; en effet, nous avons constaté que ceux-ci sont tous orientés dans le sens est-ouest, de manière parallèle et ne tenant pas compte de la topographie du terrain ; ce qui réduit considérablement leur efficacité.

Il était prévu trois opérations de prélèvements et d´analyse des sols : en saison sèche, au milieu et à la fin de la saison des pluies. En raison de contraintes budgétaires, ce nombre est réduit à un réalisé en avril et les résultats présentés dans cette étude.

Il se dégage les quelques recommandations suivantes :

Le travail du sol avec ce système doit être exécuté suivant les courbes de niveau. Une opération préalable de levée de ces courbes de niveau s´avère donc nécessaire. Cette disposition des ouvrages, ne facilite pas les façons culturales des paysans qui font de la culture attelée avec des lignes de semis droites dans les parcelles agroforestières. Mais il y va de l´efficacité des ouvrages qui doivent être nécessairement implantés sur ces courbes de niveau ;

Un amendement organique demeure nécessaire pour augmenter la fertilité des sols qui sont très pauvres en matière organique. Cette matière organique incorporée va améliorer à la fois les qualités physiques (liaison des particules des sols légers en agrégats plus stables) chimiques (minéralisation continuelle de l´humus) et biologique (alimentation des micro-organismes) des sols.

Dans les plantations, il faudra procéder à des opérations de désherbage régulières pour réduire la concurrence des herbacées. L´ouverture d´un pare-feu périphérique autour de la parcelle est également nécessaire pour réduire les risques de feu de brousse.

La mise en place d´ un dispositif permanent d´évaluation et de suivi participatif de la biodiversité (placettes permanentes) dans tous les sites du projet est recommandée ;
En terme de recherche / développement, nous proposons :

  • Une étude similaire 3 ans plus tard pour voir l´évolution des effets de la technologie sur la dynamique des ressources ;

  • Une étude comparée du système Vallerani avec les autres techniques de préparation des sols forestiers comme le sous-solage croisé, les « grands potets» et les «potets simples» sur les différents types de sols rencontrés dans les sites du projet. Cette étude devra permettre non seulement d´éprouver la justification technique et économique de la technologie Vallerani mais également de déterminer pour chaque type de sol la technique de préparation des sols la plus efficiente.

Sur l’évaluation des impacts socio-économiques

L’évaluation des impacts socio-économiques fait ressortir une restauration des potentialités agropastorales des sols travaillés avec la «technologie Vallérani», avec comme corollaire une amélioration des revenus des populations.
Les charrues permettent la confection d’ouvrages anti-érosifs d’une grande capacité de stockage d’eau, qui favorisent et maintiennent les processus biologiques ; grâce à l’amélioration des conditions pédoclimatiques, préservant les écosystèmes ruraux pour une meilleure amélioration de la couverture végétale qui pourrait être encore plus nette d’ici quelques années.

En effet, les parcelles travaillées avec la technologie «Vallérani» ont un potentiel végétal important, une bonne humectation, à cause des sillons qui peuvent rester encore remarquable après deux ans.

Cependant, l’évolution des ouvrages et leur capacité de stockage en eau sont variables. Ceux qui sont exposés au pâturage intensif régressent plus vite avec le temps.
En outre, la restauration des terres dégradées uniquement à des fins agroforestières est une forme d’amputation des espaces pastoraux que les plans d’aménagements ne doivent pas occulter. Sinon cela risquerait d’exacerber les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Les populations bénéficiaires du projet ont vu les rendements de leur production augmenter.

L’amélioration du bilan céréalier et des revenus des ménages collaborant au projet s’est répercutée de manière positive sur l’amélioration de leur niveau de vie ; et leur situation sera plus confortable encore avec la vente de la gomme lorsque les acacia seront arrivés à leur stade de production. Par conséquent le projet a contribué de manière indirecte au bien être socio-économique de certains ménages. Cependant face aux réalités socio-économiques, l’emploi de ces outils ne peut se faire qu’avec des appuis technique et financier extérieurs. A coté de ces performances liées à la technologie, des contraintes ont été décelées. Il s’agit entre autres de la réduction des zones de pâture, la nécessité de clôturer les parcelles travaillées avec les charrues pour éviter les incursions du bétail, la vétusté du matériel agricole trouvée sur place et les forts taux d’émigration enregistrées dans les villages de Thiékéne Ndiaye et Soringho. 

Sur le plan agronomique
Dans un premier temps, il semble primordial d’œuvrer pour l’augmentation des rendements. Dans cette perspective il faudrait :
Faciliter l’acquisition d’intrants à moindre coût, par subvention de l’Etat..
En effet, selon PIERI (1989), l’augmentation des rendements est liée à une grande absorption d’éléments nutritifs, sans lequel le travail du sol ne fait qu’augmenter son appauvrissement, de sorte que les rendements baissent à long terme. Cependant l’expérience a montré qu’un projet ne peut se charger de la fourniture d’intrants. Il risque de ne pouvoir recouvrer les dettes contractées par les paysans, qui ont pris la mauvaise habitude de considérer comme don tout ce qui émane d’un projet. Mieux vaut donc appuyer la mise en place d’un système autonome et durable, géré par des commerçants privés et des organisations paysannes.
Mettre à la disposition des paysans des semences de qualité par mesures d’accompagnement. 

Mener des recherches poussées sur les traitements phytosanitaires avec des moyens locaux, face aux coûts élevés des produits phytosanitaires, et lutter contre les ravageurs, les termites et les oiseaux granivores qui constituent de plus en plus une menace pour les cultures dans ces zones. 
Augmenter les superficies travaillées avec les charrues, pour diminuer les grandes étendues inexploitées.


Sur le plan technique
Etablir des clôtures autour des parcelles. L’absence de clôture constitue un problème majeur à résoudre. En effet, elle est responsable, de la faiblesse du taux d’adoption dans certaines localités d’une part et concourre à éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs dans ces mêmes localités d’autre part.

Veiller au renouvellement du matériel agricole. Le sous-équipement agricole constitue un frein à l’utilisation de vastes superficies non exploitées d’une part. Et la compétition entre les opérations culturales, qui doivent s’enchaîner dans un délai de plus en plus réduit à cause de la variabilité de la pluviométrie d’autre part.
Labourer l’ensemble des parcelles pour satisfaire la demande des paysans qui l’ont réclamé à l’unanimité.

Sur le plan socio-économique
Ouvrir une ligne de crédit si possible, pour faciliter l’accès aux intrants et le renouvellement du matériel agricole pour les éventuels adoptants du projet, à travers les institutions financières spécialisées. Cela faciliterait davantage l’adoption du «système Vallérani».
Mettre en place des forages pour pallier le manque d’eau qui sévit dans certaines localités et par la même occasion, diversifier les activités de production.

Sur le plan social
Mettre en place des aménagements pastoraux pour lutter contre les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Informer les éleveurs des bienfaits des parcelles aménagées sur le bétail, avec les fruits d’Acacia senegal : de la pâture qui peut être coupée et conservée pour l’utilisation du bétail.

Mr. Sakkoudia Thiam
Point Focal de NGARA
Direction des Eaux et Forêts,
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Fax : (221) 832 27 89
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